jeudi 29 mars 2012

Fuite de gaz sur la plateforme Total des risques pour l’environnement !

La fuite de gaz sur une plateforme Total en mer du Nord inquiète les écologistes. Si les risques à court terme semblent limités, les organisations écologistes craignent déjà la durée des travaux

Va-t-on vers une nouvelle catastrophe écologique ? Total fait face depuis dimanche au plus gros incident en mer du Nord depuis au moins dix ans. Une fuite de gaz est survenue sur la plateforme d’Elgin, à environ 240 kilomètres des côtes anglaises. Un épais nuage de gaz hautement inflammable entoure la plateforme, rendant le travail de réparation extrêmement difficile.

Pour colmater au plus vite la brèche, un plan d’urgence a été mis en place et des équipes ont été dépêchées sur place. L’objectif : éviter que cet accident ne se transforme en catastrophe environnementale.

les organisations écologistes s’inquiètent déjà de la durée des travaux. Six mois seraient en effet nécessaires pour colmater la brèche. Or, « le gaz qui s’échappe est du méthane, un gaz à effets de serre qui réchauffe l’atmosphère. Pour l’instant, 23 tonnes de gaz se sont échappées de la plate-forme en 48 heures. Dans six mois, cela pourrait atteindre 800.000 tonnes » explique Anne Valette, porte-parole de Greenpeace. A terme, l’organisme craint des conséquences néfastes sur le climat, et remet en cause les déclarations de Total: « le groupe doit encore prouver que ce n’est pas dangereux pour la faune et la flore locale », précise la porte-parole.

L’organisation se veut cependant optimiste : contrairement à l’explosion de la plateforme dans le Golfe du Mexique en 2010, aucune marée noire n’est à craindre puisque le puits n’exploite pas de pétrole.

Mais  les écologistes tirent la sonnette d’alarme. Selon Anne Valette, cet accident montre que « malgré les mesures de sécurité qui existent, le risque zéro n’existe pas ».

Nous pensons vraiment qu’il serait plus que souhaitable, de revoir complément la politique énergétique de façon plus globale  afin de la rendre plus humaine et écologique plutôt que soumis au bon vouloir d’un capitalisme carnassier.

lundi 26 mars 2012

"Tarnac, magasin général" : une autre enquête sur l’affaire

David Dufresne , journaliste indépendant, a passé trois ans au cœur de l’affaire de Tarnac. Il livre sa contre-enquête sur quelque 500 pages écrites à la première personne dans Tarnac, magasin général.

Votre livre aborde l’affaire d’une façon différente, moins passionnée…

Je n’ai pas voulu faire un livre choc car le choc de cette histoire est déjà passé. L’idée pour moi était de la détricoter, de sortir de la logique du scoop. Toute cette affaire a été montée comme un choc. J’ai voulu livrer une autre vision.

Vous a-t-on ouvert facilement les portes ?

Ça s’est très bien passé avec les gens du village. J’ai expliqué ma démarche. Elle semblait coïncider avec les besoins ou la curiosité des gens. Et puis, je suis arrivé avec des intentions différentes, j’ai accepté d’emblée que certaines portes ne s’ouvriraient pas.

Avez-vous senti une méfiance ?

150 policiers qui arrivent avec armes dans un village comme Tarnac, un 11 novembre, ça crée un traumatisme. Mais il faut sortir de l’affaire médiatique. Je crois que se méfier des journalistes, c’est tout à fait légitime. Ils ont participé peu ou prou à la médiatisation et finalement au montage de l’affaire. Il y a aussi l’esprit de corps du Plateau. Ce qui vient de Paris n’est pas forcément accueilli à bras ouverts.

Pour vous, Tarnac est une affaire d’État ?

C’est même un scandale d’État. Je raconte les surveillances du village, les caméras cachées dans les troncs d’arbres, le fait de voir des policiers se faire passer pour des touristes à vélo afin de surveiller. L’État a mis les gros moyens. Comme dans Minory Report, cela devient du préterrorisme. On s’aperçoit qu’avec cette idée de préterrorisme, on peut mettre des gens sur écoutes, surveiller, avant qu’un quelconque événement ne se passe.

Qu’est-ce qui vous a le plus frappé dans l’affaire ?

Je trouve ahurissant la capacité du sommet de l’État à s’autointoxiquer, à s’autoalimenter. Ça ne s’arrête pas. C’est un système où on orchestre, on fabrique des choses et pour ce faire on emploie des moyens démesurés. Est-ce que c’est du terrorisme ?? Et quand bien même ce serait du terrorisme, est-ce qu’on peut employer de tels moyens ?? Pour moi, c’est liberticide.

Aujourd’hui, l’instruction est toujours en cours, avec quelques rebondissements ça et là et un dossier qui n’en finit plus mais, selon les avocats de la défense, s’écroule comme un château de cartes. Qu’en pensez-vous ?

Je dirais plutôt que ça s’enlise comme un château de sable. Il y a encore des vérifications qui se font mais on voit bien que l’instruction peine de plus en plus.

Magali Roche




Tarnac, magasin général
 Editions Calmann-Lévy
 Prix : 20 euros

dimanche 11 mars 2012

mercredi 7 mars 2012

Une documentariste placée en garde à vue, sa caméra et ses films saisis par la justice

Communiqué de "Reporters sans frontières" (publié le mardi 6 mars 2012,  mis à jour le mercredi 7 mars 2012).

Reporters sans frontières proteste vivement contre l’arrestation et le placement en garde à vue de la documentariste Marie Maffre, le 2 mars 2012, alors qu’elle couvrait une action de l’association Jeudi Noir destinée à occuper un logement vide dans le 10ème arrondissement de Paris pour accueillir par la suite des familles de mal-logés. Sa caméra et ses films ont été placés sous scellés sur demande du procureur de la République.
"L’arrestation et le placement en garde à vue de la documentariste sont tout simplement illégaux. Une personne menant un travail d’information ne peut être confondue avec un manifestant ou un militant en action, rappelle Reporters sans frontières. Marie Maffre avait bien signalé qu’elle était présente sur les lieux dans le cadre de son travail. Elle était facilement identifiable comme documentariste. D’ailleurs, elle était en train de tourner au moment de l’interpellation de la police."
"Nous sommes également particulièrement inquiets que son matériel et ses films aient été saisis par la police et mis à disposition de la justice, au mépris total du respect du secret des sources, comme s’il s’agissait d’une pièce à conviction, a ajouté l’organisation. Cette saisie a eu lieu pendant la garde à vue, sans information de l’intéressée et de son avocat pourtant présent lors de l’entretien. Il est à craindre que ces images soient utilisées pour l’enquête. Nous réclamons la restitution immédiate du matériel de la documentariste ainsi que des rushs, fruit de son travail."
L’organisation rappelle que selon l’article 62-2 du code pénal, la garde à vue est une mesure de contrainte visant une personne contre "laquelle il existe une ou plusieurs raisons plausibles de soupçonner qu’elle a commis ou tenté de commettre un crime ou un délit puni d’une peine d’emprisonnement est maintenue à la disposition des enquêteurs".
Marie Maffre, documentariste qui réalise depuis deux ans un documentaire sur l’association Jeudi Noir produit par Kien Production, a été interpellée avec quatre militants de l’association, le 2 mars 2012 au soir, alors qu’ils tentaient d’occuper un bâtiment vide du 10ème arrondissement pour le mettre à disposition de familles de mal-logés. Bien qu’ayant signalé au responsable des relations presse de la préfecture qu’elle était présente sur les lieux dans la cadre de son travail, elle a subi une fouille corporelle et a été placée une nuit en garde à vue. Sa caméra et ses rushs ont été placés sous scellés et mis à disposition de la justice. Et ce alors que la caméra est un équipement de location.

Reporters sans frontières rappelle dans son rapport France publié fin février 2012, que "le régime des perquisitions est insuffisamment protecteur. Bien qu’il ait été étendu au domicile et véhicule professionnel du journaliste, il devrait concerner le véhicule personnel et rappeler un domaine naturel d’application du secret à tous les outils de travail du journaliste (agenda, téléphone, smartphone, notes, etc.). Leur usage étant trop souvent abusif, les réquisitions judiciaires doivent être interdites, sauf à présenter les mêmes garanties que les perquisitions."

"Reporters sans frontières" appelle tous les citoyens à signer le Pacte pour la liberté de la presse.