mardi 22 mai 2012

La gouvernement du Québec pense que sa loi numéro 78 mettra fin à la grève

Le 17 mai dernier, le gouvernement du Québec adoptait à l’assemblée nationale la loi numéro 78, une loi visant à mettre fin à la grève des étudiants et étudiantes par la force.

Cette loi règlemente de manière stricte les manifestations, obligeant les citoyens et citoyennes à contacter à l’avance les forces policières et à demander l’autorisation pour manifester. La loi laisse même au corps de police la légitimité d’ordonner des changements de lieu ou d’itinéraire. De plus, elle empêche de perturber directement ou indirectement l’accès aux universités, rendant de facto illégales les lignes de piquetage des étudiants et étudiantes ainsi que certaines manifestations. Cette loi met aussi dans l’eau chaude le personnel enseignant. Les professeures et les professeurs sont obligés dans le cadre de la loi 78 de donner leurs cours, peu importe le mandat de grève des associations étudiantes. 

Pour s’assurer du respect de ces mesures, des amendes démesurées de plusieurs milliers de dollars sont prévues pour les individus et les organisations qui enfreindraient la loi une première fois, le double si récidive. Au final, les individus et leurs associations s’exposent à des amendes variant entre 1000$ et 250 000$. Une menace de suspension des cotisations des associations étudiantes est aussi prévue comme mesure punitive en cas de perturbation des activités d’enseignement par les étudiants.

Il est clair que ces articles de loi enfreignent directement le droit de manifester et la liberté d’association des individus. Pour une grande majorité de citoyens et de citoyennes, cette loi est la goutte qui fait déborder le vase. Plutôt que d’agir de manière responsable et de négocier avec les étudiants, le gouvernement se dote de pouvoirs légaux lui permettant de contrôler les individus. Le but de cette loi est clair : c’est briser la grève et la contestation. Une telle décision est digne de certains régimes totalitaires, elle n’est pas acceptable dans une démocratie. Déjà, de nombreuses organisations et personnalités publiques sont intervenues sur la place publique pour dénoncer la manœuvre du gouvernement libéral, appelant les citoyens agir pour faire invalider la loi 78.

Pour le respect de nos libertés d’expression et d’association,

Ensemble, bloquons la loi 78 !

Déclaration

Nous,
étudiants et étudiantes,
travailleurs et travailleuses,
citoyens et citoyennes,

Avons pris connaissance de la loi 78, adoptée par l’Assemblée nationale du Québec le 18 mai 2012. Adoptée au 95e jour d’une lutte étudiante déjà historique, la loi spéciale a manifestement comme objectif d’étouffer cette mobilisation.

Depuis son adoption, le vocabulaire de l’indignation a été épuisé à son égard. Juristes, artistes, éditorialistes, intellectuel-e-s et personnalités de tous les milieux ont unanimement dénoncé cette attaque frontale aux droits fondamentaux et inaliénables que sont la liberté d’expression, d’association et de manifestation. Malgré l’unanimité et la force des condamnations, le gouvernement du Québec garde le cap et refuse d’abroger sa loi injuste. Devant cet entêtement à fouler au pied les principes fondamentaux de toute démocratie, il importe maintenant de passer à l’action: cette loi doit être bloquée.

Dans une situation d’injustice, l’inaction est synonyme de complicité. Se soumettre à cette loi, c’est l’accepter. Accepter cette loi, c’est sanctionner son contenu. Nous assistons actuellement à un face à face historique entre le gouvernement et la jeunesse. Le pouvoir nous regarde, attentif. Cette loi est un test. Si nous nous y soumettons, nous reconnaissons l’efficacité de sa répression: le gouvernement gagne. S’il gagne une fois, il refera le coup. Nous ne pouvons pas ouvrir la porte à cette possibilité.

Ce bras de fer est la face visible d’un conflit plus profond. Si la jeunesse ne remplit pas son rôle historique de rempart contre l’autoritarisme, qui le fera? « Si la jeunesse se refroidit, le monde entier claquera des dents », écrivait Georges Bernanos.

Cette loi vient briser la confiance, déjà fortement ébranlée, entre le peuple et les institutions. La corruption et l’influence disproportionnée des lobbies et des intérêts économiques sur les gouvernements ont, depuis longtemps, érodé cette confiance et donné naissance à un cynisme politique sans précédent. Actuellement, ce que l’on appelle l’assemblée du peuple est déjà rongé par les intérêts partisans, l’appât du gain et la corruption. Cette loi enfonce encore un clou dans le cercueil de la démocratie québécoise.

Beaucoup de gens nous regardent. En tant qu’êtres humains, nous portons l’héritage des luttes passées. De Murdochville à Asbestos en passant par la grève étudiante de 2005, l’histoire du Québec est traversée de luttes difficiles, de grèves longues et, parfois, illégales. Ceux et celles qui ont mené ces luttes nous ont transmis un flambeau qu’il nous est interdit d’échapper à un moment aussi crucial. Les droits fondamentaux dont nous jouissons aujourd’hui ne sont pas des cadeaux, ce sont des legs. Il nous faut, ici, les défendre – par respect pour ceux et celles qui les ont obtenus pour nous. Si l’on veut nous les retirer par la loi, nous nous battrons. Au-delà de la loi, s’il le faut. Si celle-ci est injuste et que nous sommes sérieux et sérieuses dans notre prétention à défendre la justice, il nous faut y désobéir. Cela porte un nom: la désobéissance civile.

Avec cette loi, le gouvernement s’attaque à beaucoup plus qu’aux associations étudiantes: il s’attaque à la possibilité même que devrait avoir chaque femme et chaque homme de contester librement les décisions prises en son nom par le pouvoir politique. Le gouvernement utilise la peur pour réprimer la contestation: il s’agit de méthodes dignes d’un régime autoritaire. Cette loi liberticide veut nous faire renoncer à plus qu’à nos droits; elle veut nous faire renoncer à ce que nous sommes. Nous affirmons aujourd’hui que nous refusons de céder à la peur et à l’intimidation. Nous resterons fidèles à nos principes de liberté individuelle et collective.

Nous n’avons pas d’autre choix. Seul-e-s face à la loi, nous sommes faibles. Ensemble, nous avons le pouvoir de la bloquer.

En signant cette déclaration, nous nous engageons à continuer à lutter; à rester mobilisé-e-s, en vertu des libertés fondamentales qui nous sont conférées par les différentes chartes et traités nationaux et internationaux. Si cela nous vaut des poursuites pénales en vertu de la loi 78, nous nous engageons à y faire face.

Je désobéis. Arrêtez-moi quelqu’un.

http://www.arretezmoiquelquun.com/

Les droits des citoyens européens menacés par l’Accord PNR UE-Etats-Unis

Les droits des citoyens européens menacés par l’accord PNR UE – Etats-Unis voté par une majorité de Parlementaires européens

Contre toute attente le Parlement Européen, a approuvé le 19 avril 2012 l’accord UE-US sur la transmission aux autorités américaines des données des passagers aériens (PNR).

L’AEDH regrette cette évolution qui va à l’encontre des votes précédents du Parlement. Ceci a de graves conséquences sur les droits fondamentaux des citoyens européens que l’AEDH avait dénoncés à plusieurs reprises[ii].

L’AEDH veut rappeler que cet accord s’inscrit dans des pratiques actuellement privilégiées par les gouvernements des deux cotés de l’Atlantique, qui sous le prétexte de menaces à la sécurité, vagues et indéfinies, proposent des mesures disproportionnées qui renversent tous les acquis des juridictions européennes.

La protection des données personnelles repose sur les idéaux, les principes, de cette culture et constitue le lien entre celle-ci et l’ère digitale. Il est donc très dangereux pour les citoyens de voir leurs droits si peu respectés.

L’accord ne répond pas aux critères de protection définis dans la législation européenne et la Convention 108 du Conseil de l’Europe ce qui avait été dénoncé par le Contrôleur européen de la protection des données (CEPD), le groupe « Article 29 », le service juridique de la Commission, ainsi que le Parlement européen lui-même dans ses résolutions antérieures : durée excessive de conservation des données (15 ans), inclusion de données sensibles, finalité d’utilisation définie trop largement, absence d’interdiction de profilage à partir des données, absence de droit de recours effectif pour les citoyens européens, autorisation du DHS à transférer les données à d’autres agences américaines ou à des pays tiers, y compris ceux ne présentant pas une protection adéquate des données par rapport à la législation européenne. De plus il n’y a pas de signe de réciprocité, puisque l’accord repose pour l’essentiel sur une confiance donnée aux autorités américaines et particulièrement au Département de la sécurité intérieure (DHS). Cette confiance n’étant fondée ni sur des règles partagées ni sur un système de recours judicaire effectif.

Par cet accord les citoyens européens se rendant aux Etats-Unis sont considérés comme potentiellement suspects. Outre plusieurs cas de voyageurs empêchés d’embarquer car ils figuraient à tort sur la liste américaine d’interdits de vol (« no fly list »), l’accord devient d’autant plus inquiétant que le DHS souhait utiliser à nouveau son logiciel d’« évaluation automatique du risque » présenté par un passager (ATS, Automated Targeting System), ce qui risque de donner lieu à de nombreuses discriminations et autres atteintes aux droits fondamentaux.

L’AEDH s’inquiète particulièrement du fait que le Parlement Européen qui est le représentant du peuple européen et qui devrait être le garant contre le déficit démocratique, ait choisi d’ignorer un aspect fondamental des éléments qui ont bâti l’Union européenne.

L’AEDH remercie les nombreux députés, de sensibilités politiques diverses, qui ont combattu et voté contre cet accord dans leur souci de garantir la vie privée et les droits de citoyens qu’ils représentent.

Contact :
Association Européenne pour la défense des Droits de l’Homme
33, rue de la Caserne. B-1000 Bruxelles

Tél : +32(0)25112100 Fax : +32(0)25113200
Email : aedh @ aedh.eu

L’Association Européenne pour la Défense des Droits de l’Homme (AEDH) regroupe des ligues et associations de défense des droits de l’Homme des pays de l’Union Européenne. Elle est membre associé de la Fédération internationale pour la défense des droits de l’Homme (FIDH).


 Site de l'AEDH

samedi 19 mai 2012

Passons à l'action ! Signons la pétition pour défendre le Capitaine Watson

Le Costa Rica, complice avec la mafia taïwanaise qui tire profit du commerce cruel des ailerons de requins, va demander l'extradition du capitaine Paul Watson. Paul Watson, Sea Shepherd et les océans qui se meurent ont besoin de vous pour le faire libérer. Notre dernier espoir pour lui éviter l'extradition est de nous adresser au Ministère de la Justice allemand en lui demandant d'intervenir, de reconnaître que l'extradition de Paul Watson est politiquement motivée et de le libérer.
Soutenez le capitaine Watson en signant. Faisons savoir à Sabine Leutheusser-Schnarrenberger, la ministre fédérale de la Justice à Berlin, en Allemagne, que le mandat d'arrêt contre Paul Watson est politiquement motivé et qu'il doit donc être ignoré par le gouvernement allemand. Avec un soutien international, nous pouvons libérer Paul Watson et ainsi lui éviter un procès inéquitable au Costa Rica.

Paul Watson : "Cette campagne pour les requins au Costa Rica a été effectivement très révélatrice de l’ampleur de la corruption au sein du gouvernement d’Abel Pacheco, sous influence directe du gouvernement taiwanais. La suite des événements a d’ailleurs confirmé toutes nos allégations : Pacheco avait reçu 11 millions de dollars sur un compte bancaire au Panama, payés par les Taiwanais. Alors qu’on patrouillait les eaux costariciennes, nous sommes tombés sur un navire taiwanais en train depêcher illégalement des requins et nous l’avons signalé aux garde-côtes. Claudio Pacheco était le frère du président et aussi le chef des garde-côtes, et il a été assez honnête avec nous. Il nous a dit franco : « Si ce navire est taiwanais, on ne peut rien faire. » Il a ajouté qu’on pouvait prendre des photos si on voulait, mais que les garde-côtes ne bougeraient pas le petit doigt contre les Taiwanais. Claudio Pacheco a fini par perdre sa place d’ailleurs, parce qu’il essayait de trop bien faire son boulot.
Le Costa Rica a la réputation d’être un pays très orienté sur la conservation de la nature, alors que c’est en fait le pire pays d’Amérique centrale pour ce qui est de la pêche aux ailerons de requins.



La destruction des îles Cocos, lieu de concentration des requins au large du Costa Rica, est une véritable tragédie. Les rangers font de leur mieux mais ils n’ont pas d’équipement et ne reçoivent aucun soutien du gouvernement. Nous avions des caméras et quarante-cinq témoins à bord pendant notre confrontation avec les pêcheurs du Costa Rica. Les pêcheurs n’avaient pas de caméras et nous ont accusés d’avoir essayé de les tuer.




Nous avons montré nos preuves à la cour de Punta Arenas et leur plainte a été rejetée. Alors ils ont fait appel à un autre juge et un autre procureur et là encore, la plainte a été rejetée. Deux semaines plus tard, ils m’ont dit qu’ils allaient m’arrêter parce qu’au Costa Rica, on peut vous mettre en prison pendant une année, le temps que l’enquête mène son cours. Je leur ai répondu que je n’avais pas l’intention de jouer à ce petit jeu, donc nous avons mis les voiles, les garde-côtes à nos trousses.
Un an plus tard, j’ai appelé pour savoir où en était l’enquête. Ils m’ont dit qu’ils ne commenceraient pas à enquêter tant qu’ils ne m’auraient pas arrêté et mis en prison. Plus tard, le juge chargé de l’affaire m’a dit qu’il classerait le dossier si je lui donnais 100 000 dollars. J’ai bien sur refusé". - extrait du livre "Entretiens avec un pirate", paru aujourd'hui chez Glénat


Signez la pétition

mercredi 9 mai 2012

Tchao Pantin !

 "Attendez que la gauche passe en 2012, vous allez voir..." ce sont les paroles de Coluche (qui nous a quitté en 1986)  diffusées dans une vidéo datant du 14 octobre 1979 et réalisée lors de l'émission de Michel Drucker "Les rendez-vous du dimanche"...

Coluche visionnaire ? Rien d'étonnant quand l'on connaît sa personnalité.


 Il a laissé au moins une oeuvre que pas un seul homme politique a été capable de faire jusqu'alors... afin que chacun mange à sa faim.


Ci-dessous les paroles de la chanson "Misère" qui avait été chantée lors de cette émission:


Misère, misère !
C'est toujours sur les pauvres gens
Que tu t'acharnes obstinément
Misère, misère !
ça sera donc toujours les salauds qui nous bouff'ront
L' caviar sur l' dos
Misère, misère !

Tu te fais l'ennemie des petits
Tu te fais l'alliée des pourris
L'argent ne fait pas le bonheur des pauvres
Ce qui est la moindre des choses
Convenons-en
Convenons-en !

Misère, misère!
Peut-être qu'un jour ton président
Sentant monter notre colère
Misère, misère !
Devant les peuples sans frontières
Alors il s'en mordra les dents
Misère, misère !

Tu repartiras d'où tu viens
En emportant tous tes chagrins
Et j' t e...

L'argent fera bien le bonheur des pauvres
C' qui sera la moindre des choses
Convenons-en
Convenons-en !
 
 Coluche


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