dimanche 25 novembre 2012

Notre-Dame-des-Landes : les opposants victimes d'une répression inqualifiable !


Depuis des semaines d’occupation et de harcèlement policier et militaire, alors que nous continuons à défendre la zone du bétonnage programmé, nous avons atteint aujourd’hui, samedi 24 novembre, un pic de violence avec une centaine de blessé(e)s, dont une trentaine graves pris en charge à l’infirmerie de l’équipe medic établie à la Vache rit, l’une des nombreuses équipes de soins sur la zone.

On dénombre une vingtaine de personnes touchées par des éclats de grenades assourdissantes, aux jambes, aux bras, à la lèvre, au bas ventre. Ces bouts métalliques ou plastiques entrent dans les chairs, on peut rarement les extraire, et ils restent souvent à vie.

Les grenades assourdissantes sont censées être utilisées selon un protocole précis : notamment en cas d’encerclement des forces de l’ordre, et en direction du ciel, ce qui n’était clairement pas le cas aujourd’hui. Les gendarmes mobiles les utilisent de façon à ce qu’elles explosent à côté ou sur les manifestants, provoquant des blessures graves.

Une personne a été touchée au bas ventre par un éclat d’une de ces grenades offensives, provoquant un gros hématome et des lésions internes. On constate chez deux personnes 10 impacts chacune dans les jambes. Une personne risque de perdre son oeil droit. On constate également une plaie au tympan due à un tir de grenade, provoquant une surdité brutale. Suite à des tirs tendus de flashball, on dénombre quatre blessures au thorax, avec fractures de côtes et état de choc, de multiples blessures aux jambes et aux mains, une blessure hémorragique au visage. Et de nombreux.ses autres blessé (e)s.

Il était difficile d’évacuer les blessé(e)s les plus graves par ambulance ou par véhicule particulier suite aux différents barrages de police.

Ces scènes de défilé ininterrompu de blessé(e)s du matin au soir ravive dans nos mémoires le souvenir de l’action de masse contre les pylônes THT (Très Haute Tension) dans la Manche le 24 juin 2012 pendant laquelle les forces de l’ordre ont fait l’usage démesuré des mêmes armes, faisant plus d’une vingtaine de blessé(e)s en une heure.

L’habituelle stratégie de frapper fort celles et ceux qui résistent à leurs plans de destructions ne semble pas fonctionner ici à Notre-Dame-des-Landes.
La force et la détermination est bien vive sur les visages.
Nous ne lâcherons rien.

 (Communiqué de l’équipe médic )


Il y en a assez de toutes ces actions de violences contre ceux qui s'opposent à telle ou telle décision d'aménagement ou autre.
Il est inqualifiable de procéder à des opérations de répression qui sont complètement dans la démesure.
On voit combien les  groupes financiers privés peuvent utiliser (avec la complicité des hommes politiques)  des moyens disproportionnés et violents.
Les opposants sont dès lors en légitime défense !
Tout pouvoir qui se permet d'utiliser la force pour tout dialogue et surtout d'imposer un projet qui ne servira pas en vérité les intérêts directs de la population mais bien des intérêts privés (c'est à dire ceux du groupe Vinci) est un pouvoir qui ne saurait représenter les intérêts et les droits du peuple.
Il y en a assez de toutes ces manoeuvres qui visent à favoriser tous ces groupes (Vinci, Eiffage, Veolia etc) qui en fait s'emparent petit à petit des richesses de nos régions et dans tous les domaines.
Ils ont que faire  de ce que pensent les citoyens et citoyennes, nous sommes aujourd'hui devant un monde fait de corrompus, de voyous, d'affairistes anonymes à la limite de la mafia internationale.

L'abandon du projet est la seule conclusion que nous acceptons personnellement.

Notre-Dame-des-Landes...on défrichera dans 6 mois !

Notre-Dame-des-Landes: pas de défrichement avant 6 mois


 Aucun acte de défrichement ne devrait avoir lieu avant 6 mois à Notre-Dame-des-Landes, a assuré samedi à l'AFP l'entourage du ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll, en raison des engagements pris par le gouvernement en faveur du respect de la biodiversité et des terres agricoles.

Dans un communiqué commun samedi matin, les ministres de l'Agriculture, de l'Ecologie (Delphine Batho) et des Transports (Frédéric Cuvillier) ont confirmé la nécessité de poursuivre le projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes près de Nantes, tout en annonçant le renforcement des procédures en faveur du respect de la biodiversité et de la préservation des terres agricoles.

Ces nouvelles procédures, notamment l'examen par un comité scientifique, signifient qu'il n'y aura pas de défrichement à Notre-Dame-Des-Landes avant 6 mois, assure-t-on au cabinet de M. Le Foll.

Ces annonces interviennent alors que de vifs affrontements se sont déroulés entre forces de l'ordre et opposants à l'aéroport, au deuxième jour d'une vaste opération lancée sur le site occupé par les opposants à ce projet d'aéroport.


 ( Source AFP)


 Le "respect de la biodiversité et des terres agricoles"  durera  6 mois... c'est beau la politique !


Notre-Dame-des-Landes, une projet de plus de 550 millions d'euros...


Le projet de nouvel aéroport de Nantes à Notre-Dame-des-Landes, qui doit coûter plus de 550 millions d'euros, est destiné à remplacer à l'horizon 2017 l'actuelle plateforme, Nantes Atlantique, et à anticiper, selon ses promoteurs, sa saturation.

Attribué sous forme de concession pour 55 ans au groupe Vinci, devenu pour ce faire également concessionnaire de Nantes Atlantique, la future plateforme est conçue pour accueillir 4,5 millions de passagers par an à l'ouverture puis 9 millions à long terme (1).

Implanté à 30 kilomètres au nord-ouest de Nantes et à 80 km de Rennes, le projet d'aéroport Grand Ouest, à vocation internationale, a été déclaré d'utilité publique en février 2008: il est destiné à accueillir tous types d'avions, dont, éventuellement, les gros porteurs tels l'Airbus A380.

Selon ses promoteurs, ses deux pistes seront positionnées de façon à éviter le survol de zones urbaines denses. Actuellement, affirme le Syndicat mixte d'études de l'aéroport, le plan d'exposition au bruit de l'aéroport Nantes Atlantique concerne 42.000 personnes, tandis que celui de Notre-Dame-des-Landes ne toucherait que 900 personnes, et à terme, 2.700 personnes, selon la même source.

La zone d'aménagement différé (ZAD) établie pour ce projet a une emprise totale de 1.650 hectares.

Vinci ne s'est vu attribuer pour sa concession que 1.239 hectares, le reste de la ZAD étant dédié à la desserte routière dont l'Etat est maître d'oeuvre (2).

Sur ces 1.239 ha concédés à la société Aéroport du Grand Ouest (AGO, Vinci), les deux pistes ainsi que l'aérogare, les parkings et la tour de contrôle couvriront 537 ha, et 239 ha seront réservés pour de futures extensions. Le reste étant destiné à contribuer aux compensations environnementales obligatoires au titre de la loi sur l'eau.

Sur les 556 millions d'investissements hors taxe (coût 2010), le groupe Vinci prendra 315 millions à sa charge, se remboursant par l'exploitation de la concession sur une durée de 55 ans.

L'Etat contribuera à hauteur de 125,5 millions hors taxe et les collectivités territoriales pour 115,5 millions, avec une clause de retour à meilleure fortune, c'est-à-dire une participation aux résultats d'exploitation.

Sur les 556 millions d'euros, la construction de l'aéroport coûtera 446 millions.
Les équipements de navigation aérienne nécessitent un investissement de 37 millions.
Quant aux dessertes, il est prévu de leur consacrer 73 millions.

La desserte sera assurée par une 2x2 voies depuis Nantes et, à terme, par une navette par tram-train électrique depuis la gare de Nantes.

A l'horizon 2025 est envisagée une ligne grande vitesse Nantes-Rennes desservant l'aéroport. Celle-ci a été inscrite au schéma national des infrastructures de transport en juillet 2010, selon le Syndicat mixte.

Le début des travaux de la route d'accès est prévu en 2013 et le défrichage pour la zone de l'aéroport dès janvier 2013. Un an plus tard, devraient débuter les travaux de l'aéroport, qui, selon les prévisons, doit être mis en service en 2017.

1) A partir du moment où il y a des intérêts financiers ... on ne parle plus de la pollution par le kérosène qui est responsable de milliers de morts par an ! (voir étude du MIT à ce sujet).
Quel sera l'impact de ce nouvel aéroport sur la santé des populations ?
Une étude sur les atteintes à l'environnement doit être réalisée dans les meilleurs délais possibles.
Les groupes comme Vinci et autres seront responsables des impacts dans le temps d'un tel aéroport tant pour ses nuisances, ses dangers pour la population (risques d'accidents, pollutions etc)...
L'actualité démontre combien il y a une opposition forte contre ce projet !
Les citoyens et citoyennes ne sont pas des pigeons et ne doivent pas être les dindons de la farce.
Il est temps aussi que les fonds mis dans cette opération fassent l'objet de contrôles permanents l'intérêt général étant particulièrement bafoué.
En cette "période de crise" c'est étonnant comment des millions peuvent se promener pour des opérations immobilières notamment, des parkings ...

On se moque vraiment du peuple!

Il est nécessaire de lever le voile sur tous ceux qui de près ou de loin se rempliront les poches dans cette opération.

La violence de la répression engagée contre les opposants est purement une honte !

Nous soutenons la lutte engagée avec force !

2) L'État en plus clair finance les voies d'accès...ce qui est bien évidemment le moins rentable...
Citoyens, citoyennes c'est encore une fois les deniers publics qui sont dépensés et en cette période de crise c'est une dépense lourde de conséquences.

mercredi 21 novembre 2012

Concentrations record des gaz à effet de serre

La teneur de l'atmosphère en gaz à effet de serre a atteint un record, a affirmé mardi l'OMM. Le forçage radiatif de l'atmosphère par les gaz à effet de serre s'est accru de 30% entre 1990 et 2011 et de 1,2% entre 2010 et 2011. Il provoque un réchauffement du climat.

Le dioxyde de carbone (CO2) a contribué pour quelque 80% à cette augmentation depuis 1990 et pour 85% ces dix dernières années, a précisé à Genève l'Organisation météorologique mondiale (OMM). Le forçage radiatif total induit par l'ensemble des gaz à effet de serre persistants était en 2011 de 473 parties par million en équivalent CO2.
Impact pendant des siècles
Depuis le début de l'ère industrielle, en 1750, quelque 375 milliards de tonnes de carbone ont été rejetées dans l'atmosphère sous forme de CO2, surtout en raison de l'exploitation des combustibles fossiles. Environ la moitié de ce CO2 demeure dans l'atmosphère, le reste étant absorbé par les océans et la biosphère terrestre.
"Ces milliards de tonnes de dioxyde de carbone rajoutées à l'atmosphère vont y rester pendant des siècles, accentuant le réchauffement de notre planète et se répercutant sur tous les aspects de la vie sur Terre, et les émissions futures aggraveront encore la situation", a averti le secrétaire général de l'OMM, Michel Jarraud.
"Les concentrations sont désormais telles que l'objectif de rester au-dessous d'une augmentation de 2 degrés de la température terrestre est très certainement hors d'atteinte", a-t-il affirmé. "Même si les émissions de CO2 cessaient demain, la hausse de la température est inévitable", a déclaré M. Jarraud.
Les océans s'acidifient
Le responsable de l'agence de l'ONU a insisté sur le rôle des puits de carbone. "Jusqu'à maintenant, les puits de carbone ont absorbé près de la moitié du dioxyde de carbone que les activités humaines ont rejeté dans l'atmosphère, mais la situation risque de changer", a déclaré M. Jarraud.
"Nous voyons déjà que les océans ont tendance à s'acidifier du fait de l'absorption de dioxyde de carbone, ce qui pourrait avoir d'importantes répercussions sur la chaîne alimentaire océanique et les récifs de corail", a-t-il dit.


(Sources OMM ATS)

dimanche 11 novembre 2012

Un printemps à Tchernobyl ...


 "Des fleurs, une forêt magnifique, des sourires et des enfants: dans "Un printemps à Tchernobyl",  Emmanuel Lepage livre une vision de la région sinistrée par la catastrophe nucléaire de 1986 bien éloignée de l'image cauchemardesque que nous en avons conservée.

Récompensé lors du dernier festival Quai des Bulles, fin octobre, à Saint-Malo, l'auteur breton affirme qu'en dehors des ruines de la centrale et du dosimètre qui s'affole par instant, on passe son temps à chercher quelque chose qui puisse nous convaincre que l'endroit est dangereux, qu'il s'y est déroulé une tragédie. Or, rien ne se voit. Dans la nature, rien ne nous dit qu'il y a eu un accident nucléaire. On le sait, mais on ne le perçoit pas.

Avec son ami Gildas Chasseboeuf, dessinateur et aquarelliste, Emmanuel Lepage, dont la première bande dessinée remonte à 1986, est parti en 2008 en résidence d'artiste pendant deux semaines à une vingtaine de kilomètres de la centrale dévastée. Un pari un peu fou, dont il ne dissimule ni ses angoisses, avant et pendant le voyage, ni le vertige qui le saisit sur place.

Au retour, avec Gildas, on s'est trouvé en porte à faux, avec une certaine culpabilité. Les amis regardaient nos dessins et disaient: +C'est pas Tchernobyl, ces dessins de forêt, ces couleurs de printemps...+ (...) Il a fallu faire comprendre: Ce n'est pas parce que c'est beau que ce n'est pas terrifiant.

Car cette résidence d'artistes, à l'initiative d'une association bretonne, les Dessin'acteurs, avait pour objectif de soutenir une autre association, Les Enfants de Tchernobyl, par le biais d'une exposition et d'un carnet de voyage. Des personnes s'étaient impliquées en offrant des vivres en prévision des difficultés d'approvisionnement à proximité du secteur contaminé. Deux artistes, qui s'y étaient déjà rendus à deux reprises, avaient trouvé le lieu d'accueil...

Sépia et fulgurance de couleurs

Mais après ce voyage qui l'a tellement marqué et la réalisation du carnet de voyage, Les fleurs de Tchernobyl, l'auteur cherche un prolongement à ce travail, sans parvenir vraiment à concrétiser, tant le trouble ce décalage entre la perception et la réalité. C'est un abîme qui s'ouvre sous nos pieds: on ne voit rien, sinon le silence de nos sens par rapport à la tragédie.

Paradoxalement, le déclic lui vient d'un autre voyage, aux îles Kerguelen, d'où il ramène Voyages aux îles de la Désolation, publié en 2011 (Futuropolis). La forme, plus documentaire, adoptée pour cet album, lui apparaît soudain comme la voie à suivre, au moment où survient Fukushima, première catastrophe nucléaire majeure depuis Tchernobyl.

Un mode de travail très particulier: les dessins existent avant l'histoire. La question ensuite, c'est  comment je les intègre, à quel moment, de manière à ce que ce soit fluide (...). Au niveau de la démarche narrative, c'est assez exaltant, relève Emmanuel Lepage.

Ainsi naîtra "Un printemps à Tchernobyl", un album très personnel, où l'auteur n'hésite pas à se mettre en scène, à exprimer ses doutes et ses interrogations comme à traduire le bonheur des rencontres humaines. Un album en sépia, d'où surgissent, comme le printemps ukrainien, des fulgurances de couleur.

Quant au nucléaire, Emmanuel Lepage regrette que sur ce sujet, on choisisse la caricature, la peur, aux dépens d'une réflexion adulte. Mais sans doute est-ce le débat, vertigineux, qui fait peur ?

En ce mois de novembre, il s'envole pour le Japon, où il est invité. Il a prévu de pousser jusqu'à Fukushima."

"Un printemps à Tchernobyl" 165 pages 24,5 euros  (1)  (Éditions Futuropolis )

(Source :  AFP )





Choisir de traiter un tel sujet,  Emmanuel Lepage l'a fait  avec un certain talent. Il y a un report honnête du ressenti de cette  catastrophe nucléaire qui si elle est considérable n'a pas été pour autant une leçon pour l'humanité, le pire est probablement à venir compte tenu du nombre important de réacteurs qui ont dépassées les trentes années de service.


1)  Ce livre est disponible en librairie depuis le 4 octobre.